Contre-performances Diesel : une bonne nouvelle pour les raffineries belges.

 

C’est un constat qui ne saute directement aux yeux, mais il semble en effet que les mauvais chiffres enregistrés du Diesel pour les voitures ont une incidence directe sur les activités de raffinage à Anvers. Cela traduit concrètement par une diminution de l’excédent d’essence à exporter lié à la baisse de la quantité de gazole à produire. C’est du moins le cas pour le moment.

La production du gazole nécessaire aux voitures Diesel implique le raffinage du pétrole. Pourtant ce raffinage produit également du fioul lourd et de l’essence. Avec l’écrasante domination du Diesel sur le marché automobile local, les raffineries avaient forcément des stocks d’essence qu’il fallait bien écouler quelque part, le marché local étant peu demandeur. La seule alternative était inévitablement l’exportation et la destination la plus proche était les Pays-Bas, seul voisin avant 2017 à ne pas avoir sombré à l’attrait du Diesel. Il y’avait évidement d’autres destinations mais plus lointaines, notamment la Suisse, les Etats Unis et d’autres encore. C’était de toute évidence une opération lourde et peu rentable dont se seraient passées les raffineries de pétrole en Belgique. Le rééquilibrage du marché constaté depuis quelques mois suite au recul du Diesel est pour le moins une bonne nouvelle.

 

Autre réalité en 2016.

Si aujourd’hui le Diesel est en mal et les problèmes d’exportation d’essence sont moins contraignants, en 2016 la réalité était bien différente. Il faut savoir qu’à cette période le Diesel dominait encore le marché. Selon les chiffres donnés par la Fédération Pétrolière Belge, la production nationale d’essence était de 4,8 millions de tonnes en 2016 pour une consommation nationale de 1,5 millions de tonnes. Soit une production excédentaire de 3,3 millions de tonnes. Pour ce qui est du gazole routier, la production a été de 7,1 millions de tonnes. Le fioul et le gasoil culminent quant à eux à 12,3 million de tonnes pour une consommation nationale de 10,1 millions de tonnes. De plus, la Belgique a produit au total 33,6 millions de tonnes de produits pétroliers auxquelles il convient d’ajouter  les 29,4 millions de tonnes importées. Au final, le volume d’exportation de notre pays s’élève à 35,4 millions de tonnes.

 

Une accalmie temporaire.

Actuellement les chiffres positifs de l’essence vont permettre d’écouler en quantité plus importante la production belge sur le marché local et de revoir à la baisse les excédents. On pet dire que ce désamour pour le Diesel tombe bien d’une certaine manière car les raffineries européennes ont de plus en plus de difficultés à vendre leur production d’essence au Etats-Unis. En effet, là bas aussi le raffinage s’est intensifié et les américains sont désormais plus regardants sur leur consommation de pétrole, ce qui réduit sensiblement les importations.

Il ne faudrait pourtant pas trop se réjouir, car d’ici 2020 le transport maritime devra abandonner l’utilisation de fioul lourd qui est particulièrement polluant pour le gazole. C’est donc une nouvelle demande importante qui va encore jouer sur les stocks d’essence.